L’interview de Poutine: Est-ce du journalisme?

Travail final remis pour le cours COM 6710 – Fondements du journalisme

Titre original: L’interview de Poutine: Quand la notion du rôle du journaliste est poussée à la limite

Source: https://www.youtube.com/watch?v=fOCWBhuDdDo&t=42s

Le 6 février 2024, Tucker Carlson, ancienne vedette et présentateur de Fox News, annonce qu’il aura une interview avec Vladimir Poutine, le président russe. Cette interview survient à quelques jours près du deuxième anniversaire de l’infâme invasion russe en Ukraine le 24 février 2022. Il s’agit d’une des rares interviews de Poutine avec un « journaliste » américain jusqu’à présent. Immédiatement après cette annonce, les commentateurs des tous les côtés du spectre politico-médiatique sont sortis se prononcer sur ce fait.

Certains, surtout à droite du spectre politique, applaudissent cette interview, déclarant qu’il s’agit d’un exercice de liberté d’expression et que Poutine a le droit de se défendre (Clark, 2024) (Radio-Canada Info, 2024). D’autres critiquent Carlson très fortement parce que cette interview donne une plateforme à une figure qui ne le mérite pas (Jones, 2024). Les critiques sont aussi ad hominem, certains allant jusqu’à qualifier Carlson « d’idiot utile », un outil de propagande pour le Kremlin (Rachman, 2024).

Ces exemples de critiques variés et questionnement sur les actions de Carlson reflètent des points de vue différents sur ce qu’un journaliste devrait faire et sur ce que le journalisme devrait être. Quels sont les principaux éloges et critiques à Tucker Carlson? Comment est-ce que ceux-ci font référence aux rôles normatifs des journalistes? Et en fin de compte, basé sur ces normes, peut-on considérer Tucker Carlson comme un journaliste? Est-ce que Carlson fait du journalisme?

Avant d’analyser les réactions et commentaires, il est pertinent de présenter brièvement la principale personne impliquée et la situation qui est à l’origine de cette polémique. Tucker Swanson McNear Carlson est un célèbre journaliste et commentateur conservateur américain. Il a travaillé pour CNN et Fox, où il gagne sa popularité avec ses positions extrêmes sur divers sujets politiques et sociaux. Controversé et polémique, il est critiqué tout au long de sa carrière pour ses opinions racistes, son support au nationalisme blanc, son support pour les leaders autoritaires et sa croyance dans les théories du complot. En 2023, il est congédié de Fox News suite au scandale des machines de vote Dominion, dans lequel Carlson a joué un rôle crucial dans la diffusion, en pleine connaissance des faits, de fausses informations (Tucker Carlson | Britannica, 2024). Depuis, il est devenu indépendant, publiant sur X, YouTube et son site web, plateformes où sa fameuse interview avec le président russe a été publiée.

L’interview en question a été publiée le 8 février 2024, soit 2 jours après l’annonce. Elle est d’une durée d’environ 2 heures et débute notamment avec une tirade de Poutine qui dure près de 30 minutes sur l’histoire de la Russie (Tucker Carlson, 2024). Tout au long de l’interview, on peut noter une attitude très condescendante de la part de Poutine à plusieurs reprises et très peu de questionnement de la part de Carlson. Le consensus est clair du point de vue des faits : on n’apprend pas grand-chose ni sur la guerre en Ukraine, ni sur sa politique interne et externe de la Russie (Hartog & Goryashko, 2024; NFKRZ, 2024).

Comme mentionné dans la problématique, il est raisonnable d’assumer que s’il y a des éloges et/ou critiques suite au travail d’un journaliste, cela implique qu’il y a eu soit un travail exemplaire suivant une norme ou rôle précis, ou dans le cas d’une critique, une déviation de la règle, une rupture d’une norme ou un échec dans l’accomplissement du travail du journaliste. Alors, quels sont ces règles et rôles?

Les études de Olivier Standaert et de Loosen et al. peuvent nous guider dans les réponses à cette question. Dans son étude, Standaert étudie les perceptions qu’ont les journalistes d’eux-mêmes. Il base ses conclusions sur un questionnaire qui demande à des journalistes européens quels devraient être les trois rôles les plus importants des journalistes dans leur pays. En analysant les réponses, Standaert remarque que les cinq rôles majeurs que les journalistes européens mettent en avant sont ceux d’informateur (34,5 %), de watchdog ou chien de garde (10,2 %), d’éducateur (10,1 %), d’enquêteur (6,7 %) et de contrôleur des autorités (6,3 %) (Standaert, 2022).

D’autre part, selon Loose et al., le public s’attend de la part des journalistes : 1) des reportages objectifs, 2) de l’analyse de l’actualité, 3) qu’ils agissent comme chien de garde, 3) qu’il promeuve la tolérance et la diversité culturelle et 4) que les journalistes fournissent de la transparence.

Il est important de mentionner à ce stade le point de vue de Carlson, qui n’est pas très couvert dans les exemples qu’on va analyser par la suite. Quelques éléments sont à souligner par rapport à la perception que Carlson a de son rôle et de lui-même dans son annonce avant l’interview (Tucker Carlson, 2024a) ou on peut remarquer qu’il se considère :

  • Un informateur: we’re doing it first because it’s our job we’re in journalism our duty is to inform people
  • Un chien de garde du droit à l’information: Americans have a right to know all they can about a war they’re implicated
  • Fournisseur de transparence: We are not encouraging you to agree with what Putin may say in this interview, but we are urging you to watch it. You should know as much as you can, and then, like a free citizen and not a slave, you can decide for yourself.

Il est important de prendre en compte la perception qu’a Tucker Carlson de lui-même, parce que c’est cette perception qui a d’abord guidé sa décision (au moins publiquement) d’interviewer le Président russe, et informera les opinions des autres dans les réactions.

Un dernier point sur ce sujet : dans une discussion ultérieure avec Chris Cuomo, celui-ci lui demande pourquoi il n’a pas poussé plus sur les questionnements sur la guerre en Ukraine et l’assassinat de dissident politique. Carlson avoue qu’il « entendait » des voix qui lui disaient « qu’il doit faire ceci, qu’il doit faire cela », mais qu’en fin de compte, il fait ce qu’il veut (Tucker Carlson, 2024c).

Que l’on soit d’accord avec ses actions ou pas, cette autoperception rappelle celle de Rasmus Nielsen, qui soutient l’idée qu’il est important pour une démocratie d’avoir du journalisme qui permet de fournir de l’information accessible, diverse et indépendante sur des affaires publiques (Nielsen, 2017).

Les réactions à l’interview avec le Président Poutine sont nombreuses sur l’internet. Pour faciliter la sélection pertinente des articles, on utilisera les articles réunis par le site d’agrégateur de nouvelles Ground News. En bref, ce service compile toute la couverture médiatique sur un sujet, la classifie, évalue et compte selon :

  1. Le biais politique de l’organisation basée sur la note moyenne de trois organismes indépendants de surveillance de l’actualité : All Sides, Ad Fontes Media et Media Bias Fact Check.
  2. La factualité de l’organisation basée sur la moyenne de trois systèmes d’évaluation :  Ad Fontes Media, Media Bias Fact Check et Wikipedia. Le score prend en compte des éléments tels que la crédibilité des sources utilisées, la rapidité avec laquelle les corrections sont effectuées et la conservation du contexte dans le langage. Il est important de noter, dans le contexte de cette analyse, qu’un score d’actualité bas peut suggérer plus de prise de position et commentaires.
  3. La propriété et l’appartenance ont un groupe médiatique qui peut mettre en évidence des conflits d’intérêts potentiels
  4. Les angles morts dans les couvertures médiatiques : dépendant du biais politique, une publication couvrira des sujets plus que d’autres

Sur Ground News, deux pages en particulier peuvent servir de source pour des échantillons pour nos analyses. La première « Tucker Carlson confirms interview with Putin », crée suite à l’annonce de Carlson, compile 261 sources (Ground News, 2024) . La deuxième, « Putin urges Ukraine talks, hints at prisoner swap for Gershkovich in Carlson interview », crée suite à la publication de ladite interview, contient 146 sources (Ground News, 2024). C’est cette dernière qui contiendra les critiques les plus illustratives du rôle de journaliste.

Dans l’analyse, on procédera à examiner les réactions à l’interview en utilisant les critères définis par Loosen et al. et Standaert. On se concentrera sur les phrases qui invoquent un sens du devoir (he should have, il aurait dû / he should do it, il devrait le faire), portent un jugement de valeur morale, et parlent d’une absence d’actions de la part de Carlson. Ces critères nous permettront de comprendre comment le public et d’autres journalistes perçoivent et juge le rôle de Carlson en tant que journaliste.

Pour le premier échantillon, j’ai pu avoir accès à 125 des 261 articles. De ces articles, on constate globalement que près de 50% ont une position assez neutre par rapport à Carlson et l’interview (figure A, en annexe).

La plupart des articles neutres citent des sources neutres comme l’AFP. Sans surprises, il y a une favorabilité marquée pour l’interview chez les médias de droite, avec près la moitié exprimant des points de vue positifs. Cependant, si on regarde de qui il s’agit avec plus de détail, on remarque que les points de vue favorables proviennent de médias jugés de factualité mixte ou très basse, donc avec plus de commentaires que chez la presse hautement factuelle. Dans ce groupe, on retrouve les thèmes du devoir du journaliste d’informer, de contester le pouvoir et de fournir de la transparence :

« American people have a right to hear Putin answer to » […] « Will Tucker Carlson press Putin hard on these and other matters? He should. There’s little point in doing the interview otherwise” […]« [This interview] should be an opportunity any real journalist should jump at”(Clark, 2024)

Un autre thème qui est soulevé chez les médias de droite est celui de l’hypocrisie des voix critiques de gauche. On prend l’exemple lorsque CNN a interviewé Saddam Hussein, le dictateur iraquien (Kimball, 2024).

Par contre, d’autres côtés du spectre politique, l’allusion au devoir de journaliste est évoquée, mais de façon différente, comme s’il s’agissait d’une violation au code déontologique du journalisme. On le voit notamment dans The Manchester Evening News, un média de centre: « It would also allow Putin to reach directly to those sectors of the American electorate that think he might not be that bad. This can only influence the upcoming Presidential election, and influence it in a bad way. » (Jones, 2024). Ici l’implication est qu’il n’est pas en train de questionner la narrative et les discours de ceux qui sont au pouvoir.  Plus à gauche, on a The Guardian:  « [Carlson] has drawn accusations he is acting as a propaganda tool for Putin, whom he has frequently defended »(Luscombe, 2024); et Lionel Barber, ancien éditeur du Financial Times, dans une interview pour Politico: « I’m going to judge him [Carlson] first by the quality of the questions and whether his questions give the game away, show that he’s on Putin’s side ». Encore une fois, il s’agit de critique émanant d’un manque de questionnement et de transparence perçu.

Après cette brève analyse des articles couvrant l’annonce de l’interview, nous pouvons tirer les conclusions suivantes : 1) la plupart ont eu une couverture assez neutre par rapport à cette annonce, citant des sources neutres comme l’AFP, 2) les médias moins factuels à droite saluent l’interview de Tucker Carlson, mentionnant qu’il s’agit d’une obligation d’informer le public américain sur les deux côtes de la médaille (ou du conflit). Les médias à gauche sont ceux qui ont porté du jugement plus négatif a cette annonce parce que : 1) on remarque plus de critiques sur le manque d’impartialité et transparence, 2) on fait mentions du devoir de questionner et être un chien de garde et de contrôleur, et ne pas simplement donner carte blanche a un dictateur. Cette dernière critique est malgré tout bien fondée vu l’historique d’appuis à la Russie de la part de Carlson.  En général, il y a surtout une emphase sur le rôle d’informateur et d’enquêteur, soit par moyen d’éloge, soit par moyen de critiques.  

Le deuxième échantillon contient les réactions suite à la diffusion de l’interview, desquelles j’ai pu avoir accès à 71 articles de 146. Nous pouvons déjà constater qu’il y a un changement dans les sentiments envers Tucker Carlson entre les figures A et B (en annexe). Les médias de gauche ne font qu’accentuer leurs opinions défavorables, ce qui n’est pas une grande surprise. Parmi les exemples qu’on peut souligner on trouve le commentaire du Time, un médian très factuel de centre gauche, qui évoque le manque de questionnement de la part de Carlson : « Over more than two hours, Carlson did little to challenge Putin as the Russian leader laid out his claims for why the US and its allies are to blame for the war in Ukraine. » (Time, 2024).

Ce qui est intéressant est la baisse du sentiment favorable chez la presse de droite et une augmentation du sentiment défavorable. On reproche aussi à Carlson de ne pas questionner assez le président russe. Nous pouvons souligner notamment les commentaires du Figaro : « Le journaliste américain, réputé proche de Donald Trump, s’est fait rabrouer à plusieurs reprises par Vladimir Poutine qui a profité de l’occasion pour s’adresser directement aux publics américain et occidental. » (Barluet, 2024)

Un autre constat intéressant est que la presse de centre ce maintien avec les mêmes proportions, et avec une couverture neutre qui prédomine (voir les tableau des annexes).

Finalement, parmi les médias qui sont restés en faveur de cette interview, on trouve notamment de médias de propagande russes comme TASS, Sputnik et Ria Novosti. Mais malgré ces suspects usuels, on retrouve quelques médias qui élogient Carlson pour ses faibles tentatives de questionnement. C’est le cas de The Blaze qui évoque encore un fois l’hypocrisie de ceux qui critiquent Carlson et une volonté de la part des députés européens de vouloir taire les journalistes et limiter la liberté d’expression :

Apparently, Mike Wallace and Barbara Walters get a free pass to interview Russia’s president, but now Putin is off-limits for Tucker Carlson? The hypocrisy is unbelievable.

European lawmakers are calling for a travel ban on Tucker Carlson. After Tucker posted a video on X announcing he was in Moscow to interview Russian President Vladimir Putin, the former prime minister of Belgium said the European Union should consider imposing a travel ban on Tucker for serving as a “mouthpiece” for Putin.

Who doesn’t love freedom of speech and the press? EU bureaucrats obviously don’t. (Beck, 2024)

L’analyse des réactions post-diffusion nous montre une augmentation significative des critiques tant à droite comme à gauche, surtout concernant le manque d’interrogation de la part de Carlson lors de l’interview avec Poutine. Les critiques soulignent notamment les insuffisances dans le rôle de chien de garde, de contrôleur, d’enquêteur et d’informateur : Carlson pose très peu de questions de suivi. Les critiques estiment aussi que l’interview n’a pas permis d’apprendre davantage sur les perspectives de Poutine ou sur la guerre en Ukraine, alimentant ainsi la perception que Carlson a été utilisé comme outil de propagande par le Kremlin.

Au début de cet exercice, j’avais des attentes et présuppositions. La première, étais que je m’attendais à des réactions très marquées de la presse de gauche, et mes soupçons se sont confirmés. En revanche, ce qui m’a surpris c’est le retournement dans l’opinion des médias de droite. Personnellement, je me serais attendu à plus de support maintenu avant et après l’interview.

À travers les réactions et commentaires qu’ont suscités l’annonce et l’interview de Tucker Carlson avec Vladimir Poutine, une série de perceptions contrastées émerge quant au rôle de journaliste et à la nature même du journalisme dans la presse de tout le bord du spectre politique. D’un côté, ceux qui défendent l’interview soulignent l’importance de la liberté d’expression et du droit du public à être informé, tout en critiquant l’hypocrisie de ceux qui s’opposent en rappelant que la presse de gauche, comme CNN, a aussi interviewé des dictateurs comme Saddam Hussein. Ceux qui sont en faveur de l’interview mettent également en avant le devoir du journaliste d’informer, de contester le pouvoir en place, et de fournir de la transparence, des thèmes qui résonnent avec les normes définies par des chercheurs comme Standaert et Loosen et al.

Cependant, cette perspective est contrebalancée par une réaction critique plus large, surtout à gauche du spectre politique, qui accuse Carlson de ne pas accomplir adéquatement son rôle journalistique. Ces critiques soulignent le manque de questionnement de Carlson envers Poutine, son échec à jouer le rôle de chien de garde, de contrôleur, d’enquêteur et d’informateur, ainsi que l’absence de contenu informatif significatif résultant de l’interview.

Alors selon les rôles et de devoirs de journaliste identifié par Standaert et Loosen et al., peut-on considérer Tucker Carlson comme un journaliste? Du point de vue d’autres journalistes Les résultats suggèrent que non, même chez les médias de droite qui auraient tendance à avoir des vues plus favorables envers Carlson.

Fait-il du journalisme? Les résultats aussi seraient en désaccord, puisque l’interview n’offre rien de ce que les journalistes ni le public s’attendent du journalisme.

Pour finir, je crois qu’il y a quand même des aspects positifs non intentionnels qui n’ont pas été mentionnés. Selon Michael Shudson, c’est justement des journalistes « outsider » comme Carlson, ceux qui font des reportages et interviews controversés qui perturbent le paysage médiatique , qui nous font remettre en question nos points de vue et nous éduquent de façons non conventionnelles (Schudson, 2009). Dans le cas de cette interview, nous apprenons sur la position intransigeante de Poutine par rapport à la guerre. Ensuite, cet interview est un exemple parfait de propagande en direct. Certes, c’est dangereux pour le public non inoculé contre la propagande, mais il s’agit ici d’une bonne façon de s’exposer et développer une pensée critique.

Bibliographie

Barluet, A. (2024, février 9). Interview de Vladimir Poutine : Tucker Carlson malmené par le chef du Kremlin. Le Figaro. https://www.lefigaro.fr/international/vladimir-poutine-grand-vainqueur-du-match-face-a-tucker-carlson-20240209

Beck, G. (2024, février 9). No, Tucker Carlson is not ‘Putin’s mouthpiece’ | Blaze Media. https://www.theblaze.com/columns/opinion/no-tucker-carlson-is-not-putins-mouthpiece

Carlson, T. (Réalisateur). (2024a, février 6). Why We’re Interviewing Vladimir Putin. https://www.youtube.com/watch?v=kzmvvKdts8I

Carlson, T. (Réalisateur). (2024b, février 8). Exclusive : Tucker Carlson Interviews Vladimir Putin. https://www.youtube.com/watch?v=fOCWBhuDdDoClark, W. (2024, février 6). Tucker Carlson to Interview Russian Dictator Vladimir Putin. Redstate.Com. https://redstate.com/wardclark/2024/02/06/tucker-carlson-to-interview-russian-dictator-vladimir-putin-n2169740

Ground News. (2024a, février 5). Tucker Carlson confirms interview with Putin. Ground News. https://ground.news/article/tucker-carlson-confirms-interview-with-putin_70b893

Ground News. (2024b, février 8). Putin urges Ukraine talks, hints at prisoner swap for Gershkovich in Carlson interview. Ground News. https://ground.news/article/putin-urges-ukraine-talks-hints-at-prisoner-swap-for-gershkovich-in-carlson-interview

Hartog, E., & Goryashko, S. (2024, février 9). Tucker Carlson’s Putin interview : 9 takeaways. POLITICO. https://www.politico.eu/article/9-takeaway-vladimir-putin-interview-tucker-carlson/

Jones, C. (2024, février 7). Tucker Carlson interview will give Putin ‘credibility he doesn’t deserve’. Manchester Evening News. https://www.manchestereveningnews.co.uk/news/world-news/putins-interview-tucker-carlson-give-28585098

Kimball, R. (2024, février 11). Examining the Controversy Surrounding Tucker Carlson’s Interview with Putin › American Greatness. American Greatness. https://amgreatness.com/2024/02/11/examining-the-controversy-surrounding-tucker-carlsons-interview-with-putin/

Loosen, W., Reimer, J., & Hölig, S. (2020). What Journalists Want and What They Ought to Do (In)Congruences Between Journalists’ Role Conceptions and Audiences’ Expectations. Journalism Studies, 21(12), 1744‑1774. https://doi.org/10.1080/1461670X.2020.1790026

Luscombe, R. (2024, février 6). Tucker Carlson confirms Russia trip and teases Putin interview. The Guardian. https://www.theguardian.com/us-news/2024/feb/06/tucker-carlson-russia-trip-vladimir-putin-interview

NFKRZ (Réalisateur). (2024, février 10). Tucker & Putin—HONEST Russian Reaction 🇷🇺. https://www.youtube.com/watch?v=mRyIIvcjl08

Nielsen, R. K. (2017). The One Thing Journalism Just Might do for Democracy. Journalism Studies, 18(10), 1251‑1262. https://doi.org/10.1080/1461670X.2017.1338152

Rachman, G. (2024, février 9). How Tucker Carlson became Putin’s useful idiot. https://www.ft.com/content/8fb346c0-6d6c-4f2d-a2cc-8758d5728446

Radio-Canada Info (Réalisateur). (2024, février 8). L’animateur Tucker Carlson rencontre Vladimir Poutine | Zone Info. https://www.youtube.com/watch?v=vXqNExk2nk8

Schudson, M. (2009). Pourquoi les démocraties ont-elles besoin d’un journalisme détestable ? Réseaux, 157‑158(5‑6), 213‑232. Cairn.info. https://doi.org/10.3917/res.157.0213

Standaert, O. (2022). De l’universellement partagé au culturellement situé : Analyse normative et comparative des rôles journalistiques en Europe. Hermès, La Revue, 90(2), 251‑261. Cairn.info.

Time. (2024, février 9). Putin Talks Ukraine, Prisoner Swaps, and 2024 With Tucker Carlson. TIME. https://time.com/6693098/vladimir-putin-tucker-carlson-interview-ukraine-gershkovich/

Tucker Carlson | Britannica. (2024, avril 25). https://www.britannica.com/biography/Tucker-Carlson

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